Tout d’abord, je remercie au nom de mes colistiers, les 1038 Vertaviens qui ont porté leurs suffrages sur la liste « Pour une Alternative de Gauche à Vertou » que je conduisais, et qui ont permis mon élection.
Ces électeurs ont porté haut les valeurs de gauche, de laïcité, du bien commun.
Ils ont fait le choix d’une véritable alternative de gauche, qui sera défendue par un élu sincère, convaincu, qui ne renoncera pas et agira avec loyauté, au plus près des habitants.
Avec 9,3% des suffrages, la liste « Pour une Alternative de Gauche à Vertou » obtient 1 siège. A 34 voix près, il y aurait eu un 2ème élu.
Dans 8 bureaux sur 16, la liste dépasse les 10% et, plus de 11% dans 5 bureaux : le 11,à Beautour atteignant 13,72%.
Je ne vous cache pas, évidemment, une certaine déception, compte tenu du très important travail de proximité, à la disposition des habitants, que j’ai entrepris avec Annie Gouezec, lors du précédent mandat, au cœur des mobilisations citoyennes, celles-ci obtenant des succès remarquables ( maintien des horaires du Bureau de poste et ligne de Bus sur Beautour, non implantation d’une usine de déchets dans le Parc industriel de la vertonne, les aménagements de quartiers, le maintien des classes… ).
Il est intéressant de noter que les meilleurs résultats de la liste se situent dans les quartiers concernés par ces mobilisations.
Je veux saluer aussi l’exceptionnelle motivation et détermination de mes colistiers qui, depuis décembre 2007, ont mené une campagne dynamique, de terrain, de très bon niveau politique, portant des propositions concrètes, ancrées à gauche, avec des initiatives quotidiennes de proximité, en liaison avec les besoins des citoyens, comme par exemple la pétition pour développer ce service de proximité qu’est la Maison de la sécurité sociale. (depuis le 20 Février : 677 signatures de personnes très en colère et soyez assurés, comme je l’ai fait pour la Poste et le Bus, nous continuerons jusqu’au bout !
Vraiment au cœur de la vie locale, connu des habitants, je n’ai pas eu besoin de faire appel à de dirigeants nationaux ou personnalités de Nantes-Métropole pour appréhender les questions et les besoins des vertaviens.
J’en viens maintenant à l’analyse des résultats.
Sur l’abstention : avec 31,71%, elle baisse par rapport à 2001 ( 35% ), mais elle reste élevée pour une élection locale. Dans 2 bureaux, elle dépasse les 35% ( le 9 et 12, bureaux votant traditionnellement à gauche ).
Par rapport à 2001, la majorité de droite perd 5,65% (+ 475 voix) : moins 1 siège, et minoritaire dans 2 bureaux à Beautour : les 9 et 10 .
La minorité de gauche passe donc de 6 à 7 sièges.
Si l’on compare par rapport à l’élection de 1995, où nous avions une situation identique avec 3 listes :
- La Droite : + 3,17% et + 1365 voix
- Le PS-Verts : – 3,63% et + 361 voix
- Le PC et Alternative de Gauche : – 0,4% et + 135 voix. (c’est une stabilité en % et une progression en voix )
la tendance, depuis 1989 :
- Droite : + 4% ( + 1793 voix )
- PS : – 7,4% ( + 193 voix )
- PC : + 3,37 ( + 524 voix )
Donc, depuis près de 20 ans, une liste menée par un candidat communiste ne fait plus peur. Elle s’est incrustée dans le paysage politique vertavien, a gagné en influence, signifiant une reconnaissance du travail inlassable de terrain, d’écoute et de la volonté d’élargir à des citoyens de sensibilités de gauche les plus diverses.
Après les résultats chiffrés, quelques analyses plus politiques.
Le contexte national —- médiatique —- local —- le déroulement de la campagne.
Sur le contexte national :
L’érosion de la droite UMP, traduit la sanction à l’égard de la politique de Sarkozy qui fait tant de mal au peuple et aux collectivités territoriales.
Mais le haut niveau de la liste de Laurent Dejoie, avec 57% des suffrages, illustre ce que j’appelle « la prime au sortant ».
Le contexte national a, certes, ses effets, mais n’oublions pas que c’est une élection locale et, donc, l’impact de l’action du maire sortant reste prédominant.
Un autre élément lié à notre système institutionnel, et qui conditionne les comportements électoraux, c’est la « bipolarisation ». Celle-ci favorise les idées dominantes au détriment des idées qui dérangent, bousculent le consensus ambiant. Le seul choix efficace ne serait qu’entre l’ UMP et le PS ; ce dernier comptant sur le « vote utile ».
Ce qui est entrain de se passer pour la préparation du 2ème tour, dans plusieurs villes de France,avec le MODEM, véritable parti de droite, à géométrie variable pour la chasse aux places, ne peut que dégoûter et contribuer aux pertes de repères.
Au sujet du Modem, je rappelle que nous sommes la seule liste qui n’a pas engagé de tractations, car nos objectifs sont clairement identifiés à gauche.
Que le Modem se retrouve sur la liste de Laurent Dejoie, ce n’est que logique. Mais que Martine L’hostis engage des tractations avec le Modem, en offrant des places sur sa liste, où est la conviction et la loyauté avec les valeurs et les électeurs de gauche ?
Le contexte médiatique :
En général, les médias sont au service de cette bipolarisation.
L’exemple le plus marquant est la présentation des listes sur Vertou, par France 3.
Un reportage et interview pour Laurent Dejoie et Martine L’hostis, mais seulement une photo et le nom de la liste pour Michel Gouty.
Où est l’équité, l’égalité de traitement, le respect de la démocratie et des électeurs ?
Avant le scrutin, chaque liste doit être à égalité sur la ligne de départ, et il est inadmissible d’influencer les citoyens, de prédéterminer leur comportement électoral en considérant la 3ème liste comme quantité négligeable.
N’est-ce pas favoriser la bipolarisation ? et le vote utile ?
De nombreuses personnes ont protesté auprès de France3, qui a refusé de rééquilibrer
Je veux ici, solennellement, exprimer mon indignation.
Autre exemple qui ne nous a pas favorisé : dans la presse écrite ( Ouest-France ) où un journaliste s’interroge sur le rapprochement PC-UMP, à Vertou, où Laurent Dejoie ferait mieux que Sarkozy dans l’ouverture.
Politique fiction, certes, mais l’idée est lancée, fait causer, crée le trouble.
Par contre, ce même journaliste n’a rien écrit sur la véritable ouverture qui, a eu lieu sur la liste de Laurent Dejoie, lequel a accueilli d’anciens socialistes.
Dans notre France démocratique, on appelle cela de l’information équitable !
Le contexte local :
Les résultats électoraux le montrent : la population de Vertou, dans une proportion importante, s’accommode de la pratique politique actuelle et se pense à l’abri des vicissitudes de la vie.
Ville aisée, certes, mais il faut savoir que la fracture sociale existe à Vertou.
Avec Orvault, notre commune concentre le plus grand nombre de contribuables soumis à l’ISF, dans l’agglomération nantaise : 106, en augmentation de 10% de 2003 à 2004. mais de l’autre côté, la pauvreté et la précarité sont bien réelles : 123 allocataires au RMI et 563 en situation précaire.
Les trop grandes inégalités, cependant, ne sont pas politiquement supportables éternellement, et s’imposeront avec plus de force, car on ne peut faire fi de la nécessité.
Aujourd’hui, des dossiers importants, au cœur de la vie quotidienne de vertaviens, sont sur la table.
SERVICES PUBLICS de PROXIMITE : qui assurent l’égalité d’accès, à un moindre coût, et le maillage pertinent du territoire.
Il y a urgence à les sauvegarder et les développer.
Le maire a une grande responsabilité en décidant de s’opposer à leur réduction et démantèlement, effectués sous le joli nom de « modernisation ».
TRANSPORTS PUBLICS : à améliorer et développer, non seulement pour ceux qui en sont d’ores et déjà les usagers, mais de façon volontariste pour l’accès au plus grand nombre, si l’on veut répondre aux besoins incontournables de déplacements, et bénéficier véritablement d’un environnement plus propre.
LOGEMENT : besoin d’une politique ambitieuse pour permettre aux familles modestes, aux jeunes couples d’accéder à un logement, de pouvoir vivre dans la commune de leur choix, mais aussi pour les personnes qui peuvent être victimes d’une rupture dans leur vie : ( perte d’emploi, divorce, veuvage ), et avoir besoin d’un logement à loyer modéré.
C’est la raison pour laquelle, je propose le doublement de logements locatifs sociaux, de façon à parvenir plus rapidement aux 20% de la loi SRU, même la dépasser pour répondre aux attentes sociales.
Sur le déroulement de la campagne :
L’état d’esprit paraissait serein et respectueux des personnes et de la vérité.
Mais, voilà, à 48h du scrutin, apparaît un article dans la presse écrite, commandités par les émissaires socialistes du collectif pour le bus dans Beautour.
Cet article non signé, prouvant le courage de leurs auteurs, a travesti la vérité, en minimisant mon action dans cette bataille citoyenne, avec l’unique objectif qui les obsèdent depuis le début : comment mettre en avant Martine L’hostis qui n’a rien fait, pire a cautionné les fermetures de lignes de bus décidées par Nantes-Métropole, et faire en sorte qu’elle s’approprie une victoire que l’on doit uniquement à l’extraordinaire mobilisation des Beautourois, impulsée par le Collectif.
Un rectificatif a été apporté, le lendemain, par M. Laurent Dejoie et moi-même. J’ai redonné l’historique incontestable du déroulement des faits.
Mais, quelle est cette façon de faire, hypocrite, récupératrice, qui a semé l’émoi chez toutes les personnes qui ont vécu cette mobilisation, à quelques heures d’un choix électoral.
C’est ce que Martine L’Hostis appelle la loyauté !
Solliciter les suffrages des habitants, c’est aussi et surtout, bien évidemment, s’engager à agir avec eux sur tous les sujets qui les préoccupent et quel que soit le niveau de compétence où ils se situent.
C’est le sens de mon engagement, et qui est partagé par l’ensemble des candidats de la liste et du réseau de mon Comité de soutien.
Notre mot d’ordre « UNE EQUIPE — UN PROJET — UNE DEMARCHE » n’est pas un simple slogan électoral, mais un engagement que, tous ensemble, devant les Vertaviens, nous prenons et tiendrons.
Michel GOUTY